Lignée Karma Kagyu

 

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La Lignée Karma Kagyu du Bouddhisme tibétain

La lignée Karma Kagyu de bouddhisme tibétain tire ses origines du Bouddha Shakyamuni, en passant par Marpa le Grand Traducteur, qui fit trois fois le voyage en Inde pour en ramener des enseignements bouddhistes authentiques au Tibet. Son maître Naropa avait reçu de Tilopa la transmission de la lignée, et ainsi de suite, en remontant jusqu’au Bouddha lui-même. L’étudiant le plus connu de Marpa fut le plus grand yogi de tout le Tibet, le célèbre Jetsun Milarepa, qui donna les enseignements à Gampopa, lequel les transmit à son tour au premier Karmapa, Dusum Khyenpa. Depuis lors, la lignée Kagyu a été dirigée par une succession de réincarnations du Gyalwa Karmapa. On dit que la lignée des Karmapas se prédit elle-même, parce que chaque incarnation décrit les conditions de sa prochaine naissance dans une lettre, avant de mourir. Tous les grands maîtres Kagyus considèrent Sa Sainteté le Karmapa comme l’incarnation et la source de toutes les grâces de la lignée.

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Histoire de la lignée Karma Kagyu

Une lignée, en bouddhisme tibétain, se fonde sur la transmission ininterrompue des enseignements du Bouddha, de maître à disciple. De cette façon, la sagesse du Dharma continue à se transmettre d’un maître au maître suivant. La lignée Karma Kagyu commence au 9e siècle avec le grand yogi indien Tilopa, puis viennent Naropa, Marpa, Milarepa et Gampopa avec, au 12e siècle, le premier lama réincarné et premier Karmapa, Dusum Khyenpa ; elle se continue jusqu’à maintenant avec, comme principal détenteur de la lignée, le 17e Karmapa, Ogyen Trinley Dorjé.

L’école Karma Kagyu de bouddhisme tibétain est connue sous le nom de Lignée orale, parce que le trésor des enseignements du Bouddha s’est transmis jusqu’à nos jours par ce continuum oral.


LineageTilopa

Tilopa

Tilopa naquit dans une famille de brahmanes de l’Inde orientale en 988 de notre ère. Souverain d’un petit royaume indien, il renonça à l’opulence de cette vie et devint moine au temple tantrique de Somapuri, au Bengale. Il y passa douze ans puis voyagea beaucoup en Inde, rencontrant plusieurs maîtres et recevant des initiations vers des pratiques avancées. Le bouddha céleste Vajradhara devint son guru racine et lui conféra directement transmissions et enseignements. Le Mahamudra, en particulier, fut révélé ainsi à Tilopa. Malgré sa préférence pour les régions éloignées et désertes comme lieux de résidence, la réputation de Tilopa en tant que maître hautement réalisé attira bien des étudiants remarquables qui voulaient étudier avec lui. Le plus éminent de ses disciples fut Naropa.


LineageNaropa

Naropa

Né en 1016 de notre ère dans une famille royale, Naropa était très jeune quand il opposa une résistance à sa formation de prince Bengali et de futur roi. Il choisit plutôt d’étudier au Cachemire avec des maîtres éminents, les arts, les sciences, la grammaire, la rhétorique et la logique, y faisant preuve d’une remarquable érudition. Quand il rentra au Bengale où sa famille le força à épouser une jeune Brahmane, il finit par faire dissoudre son mariage pour revenir à ses études, et recevoir l’ordination.

À 28 ans, il étudia à l’université indienne de Nalanda, renommée pour ses grands philosophes bouddhistes. Il en devint abbé au bout d’un certain temps, puis une dakini lui apparut et l’amena à quitter l’université pour partir à la recherche de Tilopa. Celui-ci lui donna des transmissions et lui fit subir douze épreuves ardues, au bout desquelles Naropa maîtrisa les enseignements ; il prit des disciples, dont le principal était Marpa.


LineageMarpa

Marpa

Lorsque Marpa naquit en 1012 de notre ère dans le sud du Tibet, son père prophétisa qu’il pourrait atteindre de grandes réalisations spirituelles s’il choisissait le bon chemin. De fait, il embrassa le bouddhisme à un très jeune âge. Plus tard, ayant échangé ses biens contre de l’or, il entreprit un voyage long et difficile vers l’Inde, à la recherche d’enseignements. Dans une vision, Naropa avait déjà vu l’arrivée en Inde de ce pèlerin tibétain, et l’avait accepté comme fils spirituel. Pendant seize ans, Marpa reçut des enseignements et des transmissions de Naropa, ainsi que d’autres maîtres indiens célèbres. Il rentra au Tibet où il épousa Dagmema, et ils eurent deux fils. Comme la traduction de textes bouddhistes, du sanskrit au tibétain populaire, avait fait sa renommée, on lui attribua l’établissement de la lignée Kagyu au Tibet. Afin de ramener de nouveaux enseignements dans son pays, Marpa fit d’autres expéditions pénibles en Inde, dont une alors qu’il était déjà assez âgé. Il avait la réputation d’être un maître strict mais généreux. Il avait autour de lui un groupe d’excellents étudiants, pleins de dévotion, dont le célèbre yogi et poète, Milarepa.


LineageMilarepa

Milarepa

Milarepa est né dans l’Ouest du Tibet, près de la frontière népalaise, en 1052 de notre ère. Il perdit son père à un très jeune âge, et les biens familiaux furent confiés à des parents cupides qui le traitèrent très mal, lui et sa mère. Celle-ci, pleine d’amertume envers la famille, poussa son fils à pratiquer la magie noire et à se venger des mauvais traitements subis en semant la dévastation dans leur village, causant la mort de plusieurs personnes. Plus tard, Milarepa en vint à regretter toute cette violence et chercha à purifier le mauvais karma ainsi accumulé dans sa jeunesse. Il reçut des enseignements de l’école des chapeaux rouges avant de devenir disciple de Marpa, à l’âge de trente-huit ans. Au cours d’un de ses voyages entre le Tibet et l’Inde, Marpa eut une vision où Milarepa venait à sa rencontre.

Avant que Marpa n’accepte de lui donner les enseignements, Milarepa dut se soumettre à des épreuves et à des tests dont bien des témoignages demeurent. Il a dû peiner au cours de travaux manuels pénibles comme la construction d’une tour de neuf étages qui, sous la direction de Marpa, exigea plusieurs tentatives frustrantes. Il lui fallait démolir l’édifice pour le reconstruire encore et encore ; il finit par réussir, et Marpa lui donna enfin la transmission intégrale de tout ce qu’il avait appris de Naropa et de ses autres maîtres indiens. Après avoir pratiqué ces enseignements pendant plusieurs années dans des grottes en haute montagne, Milarepa atteignit l’éveil. Il devint renommé pour communiquer les enseignements par des chants mystiques dont beaucoup nous sont parvenus. Parmi ses trois meilleurs étudiants, Gampopa devint le détenteur de sa lignée.


LineageGompopa

Gampopa

Fils de médecin et médecin lui-même, Gampopa naquit au Tibet oriental, en 1079 de notre ère. À vingt-deux ans, il se maria et devint père d’un fils et d’une fille. Malheureusement, ses enfants d’abord, puis sa femme, périrent, victimes d’une épidémie qui sévissait dans la région. Avant de mourir, sa femme lui demanda de consacrer sa vie au bouddhisme. Gampopa se conforma à ses désirs et à l’âge de vingt-six ans, devint moine selon la tradition Kadampa. Il étudia auprès de différents maîtres et parvint à une compréhension claire des enseignements ; puis, à l’âge de trente-deux ans, il entendit parler de Milarepa et ressentit spontanément une grande dévotion envers lui. Il se rendit compte qu’il s’agissait de son vrai maître, et se mit donc à sa recherche. Après beaucoup de difficultés, il réussit sa mission et en tant qu’étudiant de Milarepa, il reçut la transmission Kagyu complète.

Gampopa passa plusieurs années en retraite au sud-est du Tibet. C’est là qu’il fonda le monastère de Daglha Gampo, où il attira bien des disciples ; plus tard, quatre d’entre eux fondèrent les quatre branches Kagyus majeures. L’un d’eux était Dusum Khyenpa, qui devint le détenteur suivant de la lignée Kagyu et le premier Karmapa.

Connu pour ses écrits clairs et analytiques, Gampopa rédigea des œuvres très profondes, encore utilisées de nos jours comme textes majeurs.


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Le premier Karmapa, Dusum Khyenpa

Né au Tibet oriental en 1110 de notre ère, fils d’un yogi et d’une yogini, Dusum Khyenpa était un enfant doué. À onze ans, il comprenait déjà les enseignements à la perfection, faisait montre de pouvoirs miraculeux et approfondissait encore son étude du bouddhisme. Il reçut l’ordination complète à vingt ans ; à trente ans, il voyagea pour aller rencontrer son lama principal, Jé Gampopa. Au cours d’une retraite dirigée par son maître, ses capacités pour la méditation furent reconnues comme de loin supérieures à celles de centaines de disciples de Gampopa. Après plusieurs années, il atteignit l’éveil complet et Gampopa lui demanda de transmettre ses réalisations aux autres.

Le seigneur Bouddha avait prédit que, environ mille six cents ans après son décès, naîtrait un homme d’une grande maturité spirituelle et d’une compassion infinie, qui propagerait le dharma bouddhiste au cours de plusieurs incarnations successives. On le connaîtrait sous le nom de Karmapa. Jé Gampopa reconnut en Dusum Khyenpa celui qu’annonçait la prophétie.

Dusum Khyenpa fut le premier à laisser une lettre prédisant les circonstances de son incarnation suivante, et il déclara qu’il y aurait plusieurs Karmapas dans l’avenir.


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Le 16e Karmapa, Rangjung Rigpé Dorjé

Né au Tibet en 1924, Rangjung Rigpé Dorjé est surtout connu pour avoir fait passer à l’Occident le dharma du Tibet. C’est le 11e Tai Situpa qui reconnut Sa Sainteté comme étant le 16e Gyalwa Karmapa et qui lui conféra l’ordination en 1945. Il reçut de Tai Situpa, non seulement tous les enseignements et initiations de la lignée Kagyu, mais aussi, du maître Urgyen Rinpoché, la transmission complète des enseignements Nyingma du tertön Chojur Lingpa. En 1959, pendant l’invasion communiste du Tibet, Sa Sainteté se rendit en Inde avec des trésors spirituels et des reliques ; il était accompagné de tulkus, de moines et de laïcs ; il s’installa à Rumtek, au Sikkim (Inde). En 1974, Sa Sainteté entreprit la première de ses nombreuses tournées autour du monde. Suivant la tradition des Karmapas, Sa Sainteté fit des miracles ; par exemple, il laissa l’empreinte de ses pieds sur des rochers, et fit tomber de la pluie alors qu’il visitait une réserve hopi du nord-est de l’Arizona où sévissait une sécheresse. Après son décès en 1981 à Zion, en Illinois, au nord de Chicago, son corps resta assis en posture de méditation pendant trois jours, tandis que les médecins notaient avec étonnement que la région de son cœur demeurait chaude. Plus tard, lors de sa crémation au monastère de Rumtek, son cœur tomba de son corps enflammé. Les os demeurant après la crémation de Rangjung Rigpé Dorjé prirent la forme de bouddhas et de reliques.


LineageJamgon3

Le 3e Jamgon Kongtrul Rinpoché,

Lodro Chokyi Sengé

La naissance de Son Éminence en 1954 au Tibet central fut prédite par son incarnation précédente, et les circonstances en furent prophétisées par Sa Sainteté le 16e Gyalwa Karmapa, Rangjung Rigpé Dorjé. Sa dévotion à Sa Sainteté fut un parfait modèle de relation entre guru et disciple. De plus, en tant que pratiquant, maître et être humain, Son Éminence était un être exemplaire et un véritable guide.

Son Éminence fonda plusieurs monastères en Inde, au Népal et au Tibet, parmi lesquels son siège principal, le monastère et centre de retraite de Pullahari, au Népal.

Malgré la brièveté de sa vie, ses accomplissements sur les plans spirituel et humanitaire furent vastes et nombreux. Sensible aux besoins des autres et en particulier au triste sort des défavorisés, il mit à profit ses relations avec des gens qui partageaient ses idéaux humanitaires pour fonder un réseau international d’organismes. Leur objectif, en Inde, au Népal et au Tibet, est de faciliter l’assistance sociale, l’éducation et les soins médicaux chez les personnes sans ressources, jeunes et âgées.

Son Éminence décéda en 1992, laissant un héritage d’activités spirituelles et humanitaires qui se perpétue jusqu’à nos jours.


karmapaLe 17e Gyalwa Karmapa,

 

Orgyen Trinley Dorjé

Ogyen Trinley Dorjé est le chef spirituel de la lignée Karma Kagyu. Né au Tibet oriental le 26 juin 1985, il fut reconnu à l’âge de sept ans grâce à une lettre de prédiction laissée par le 16e Gyalwa Karmapa. Né dans une famille de nomades, Sa Sainteté partagea son enfance entre cet environnement pastoral et le monastère de Karlek où il reçut une formation bouddhiste. En juin 1992, sur sa demande, ses parents acceptèrent de lever le campement familial avant la date prévue. Cela lui permit d’être présent au moment où l’expédition lancée à sa recherche arrivait à l’endroit mentionné dans la lettre de prédiction. De fait, il déclara à ses parents que ses moines venaient le chercher, et il fit ses bagages. En juin 1992, il se rendit au monastère de Tsurphu, siège principal des Karmapas, au Tibet central. Le même mois, Sa Sainteté le Dalaï-lama confirma qu’il reconnaissait le Karmapa, disant avoir vu « en une sorte de rêve, les lieux de naissance de l’incarnation actuelle ».

Vingt mille personnes, venues du monde entier, assistèrent à son intronisation au monastère de Tsurphu, en 1992. Sa Sainteté compléta ensuite ses études de base des textes bouddhistes et devint expert en langue et littérature tibétaines. Sa poésie, déjà profonde et lyrique quand il était tout jeune, continue à s’épanouir aujourd’hui. Ses talents artistiques se manifestent aussi dans les domaines de la musique, du dessin, de la peinture et de la calligraphie.

Sa Sainteté s’enfuit du Tibet en 1999, afin de recevoir les transmissions et les enseignements de ses maîtres, qui étaient en Inde ; l’événement fut largement couvert par les médias internationaux. Le gouvernement indien lui octroya le statut de réfugié, et il établit sa résidence temporaire au monastère de Gyuto, non loin de Dharamsala où habite le Dalaï-lama. Les étudiants qui lui rendent visite chaque année au monastère de Gyuto pour recevoir enseignements et transmissions, et qui viennent du monde entier, sont impressionnés et inspirés par la sagesse et la maturité dont il fait preuve. Chaque année, à Bodhgaya, des milliers de personnes participent au Kagyu Monlam présidé par Sa Sainteté depuis 2001. Aux États-Unis en 2008, des milliers de personnes ont eu la joie, pour la première fois en Occident, de souhaiter la bienvenue à Sa Sainteté, au cours d’une tournée d’enseignements brève, mais magistrale.


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Le 4e Jamgon Kongtrul Rinpoché,

Lodro Chokey Nyima

Son Éminence est né en 1995 au Tibet central ; sa naissance fut prophétisée par Sa Sainteté le Gyalwa Karmapa Ogyen Trinley Dorjé, qui l’a aussi reconnu et confirmé l’authenticité de son incarnation. Malgré son jeune âge, Son Éminence assume déjà des responsabilités reliées aux projets de ses prédécesseurs. Il partage son temps entre ses sièges monastiques, fondés par le 3e Jamgon Kongtrul Rinpoché : Kagyu Tekchen Ling en Inde et le monastère de Pullahari au Népal. Recevoir une formation et les transmissions des maîtres de la lignée viennent en priorité en ce moment, ce qui n’empêche pas Son Éminence de rencontrer de nombreux disciples venus du monde entier et de les inspirer par sa compassion et sa sagesse. Chaque année, il participe au Kagyu Monlam dirigé par Sa Sainteté à Bodhgaya, en Inde, et il dirige le Kagyu Monlam de Kathmandu, au Népal.

La prophétie concernant Son Éminence, sa recherche et sa reconnaissance sont narrées dans le livre EMA HO! publié par le Labrang de Jamgon Kongtrul et disponible au Centre Rigpe Dorje. On peut aussi le voir sur le site www.jamgonkongtrul.or

Pour plus d’informations sur la lignée (en anglais), veuillez visiter Karma Triyana Dharmachakra. Tous droits réservés.